Attaque de Mulhouse: un suspect sous OQTF, l’Algérie et la Tunisie face à leurs responsabilités

L’Algérie et la Tunisie refusent d’accueillir leurs ressortissants sous OQTF, bloquant ainsi leur expulsion de France. L’attaque de Mulhouse relance le débat sur ces blocages diplomatiques aux conséquences sécuritaires.

Attaque de Mulhouse: un suspect sous OQTF, l’Algérie et la Tunisie face à leurs responsabilités
Forces de l’ordre après l’attaque de Mulhouse, un suspect sous OQTF interpellé.


📍 LeDecode.com – Le drame de Mulhouse relance une question brûlante en France : comment un individu connu pour sa radicalisation, sous le coup d’une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF), a-t-il pu rester en liberté malgré des décisions répétées d’expulsion ? La réponse se trouve du côté d’Alger et de Tunis. L’Algérie a refusé à dix reprises de reprendre ce suspect, et la Tunisie, elle aussi, multiplie les blocages dans des dossiers similaires.

Les faits sont glaçants. Samedi 22 février, en plein après-midi, un homme de 37 ans a attaqué plusieurs passants au couteau près d’un marché couvert à Mulhouse, tuant une personne et blessant trois autres avant d’être arrêté par la police. Selon plusieurs témoins, il aurait crié "Allahou Akbar", ce qui a conduit le Parquet national antiterroriste (PNAT) à se saisir immédiatement de l’affaire. Mais au-delà de l’horreur de l’attaque, une réalité troublante s’impose : cet individu aurait dû être expulsé depuis longtemps.

Ce suspect était fiché pour radicalisation et sous le coup d’une OQTF depuis plusieurs années, mais son expulsion s’est révélée impossible à mettre en œuvre en raison du refus catégorique de l’Algérie de le reprendre. Dix tentatives d’expulsion ont échoué faute de laissez-passer consulaire délivré par Alger. Un blocage administratif aux conséquences tragiques.

Une attitude irresponsable de la part de l’Algérie et de la Tunisie
L’Algérie et la Tunisie sont régulièrement pointées du doigt pour leur refus d’accueillir leurs ressortissants sous OQTF, et cette affaire illustre parfaitement les limites du système actuel. En refusant de délivrer les documents nécessaires aux expulsions, ces États bloquent des individus potentiellement dangereux sur le territoire français, au risque de mettre en péril la sécurité nationale.

Le cas algérien est particulièrement problématique. Malgré un partenariat stratégique avec la France, Alger continue d’opposer une fin de non-recevoir à la majorité des demandes d’expulsion. Cette politique a conduit la France à réduire drastiquement l’octroi de visas aux ressortissants algériens en 2021, une mesure qui n’a pas suffi à faire plier les autorités algériennes. Faut-il aller plus loin et envisager des sanctions économiques ou diplomatiques pour contraindre Alger à coopérer?

De son côté, la Tunisie adopte une posture similaire. Plusieurs cas de ressortissants tunisiens sous OQTF ont été documentés ces dernières années, certains étant impliqués dans des faits de délinquance ou de radicalisation. Malgré la coopération bilatérale entre Paris et Tunis, les refus d’accorder des laissez-passer consulaires restent fréquents.

Ces blocages posent une question fondamentale : un État peut-il refuser indéfiniment de reprendre ses propres ressortissants sous prétexte de considérations politiques ou administratives ? Et surtout, la France doit-elle continuer à tolérer ces manœuvres alors que des vies sont en jeu ?

Un tournant nécessaire dans la politique d’expulsion
L’attaque de Mulhouse démontre une fois de plus que les règles actuelles ne sont plus adaptées à la réalité sécuritaire. La France ne peut plus dépendre du bon vouloir de certains États pour appliquer ses propres décisions. Si des pays comme l’Algérie et la Tunisie refusent systématiquement de reprendre leurs ressortissants en situation irrégulière, Paris devra envisager des mesures de rétorsion plus dures, qu’elles soient diplomatiques, économiques ou administratives.

L’opinion publique ne comprend plus pourquoi des individus dangereux, sous OQTF, continuent d’échapper aux expulsions en raison d’obstacles diplomatiques. La question est désormais politique : le gouvernement français prendra-t-il enfin les décisions nécessaires pour mettre fin à ces blocages ?

📍 LeDecode.com
Portraits | Décryptage | Perspectives

📧 Contact : contact@ledecode.com
🌐 Site web : LeDecode.com