Agadir: Mustapha Boudraqah, premier adjoint d’Akhannouch, poursuivi pour faux, abus de confiance et escroquerie

Mustapha Boudraqah, premier adjoint d’Aziz Akhannouch à la mairie d’Agadir, est poursuivi pour faux, abus de confiance et escroquerie. Une affaire qui pourrait fragiliser le RNI et soulever des interrogations sur la gestion municipale.

Agadir: Mustapha Boudraqah, premier adjoint d’Akhannouch, poursuivi pour faux, abus de confiance et escroquerie
Mustapha Boudraqah sera jugé pour faux, abus de confiance et escroquerie.

📍 LeDecode.com – La justice marocaine vient de franchir une nouvelle étape dans une affaire qui place Mustapha Boudraqah, premier adjoint au maire d’Agadir et cadre du Rassemblement National des Indépendants (RNI), sous le feu des projecteurs. Poursuivi pour faux en écriture, abus de confiance et escroquerie, il devra répondre de ses actes devant la chambre correctionnelle du tribunal d’Agadir.

Aziz Akhannouch face à une affaire embarrassante impliquant son premier adjoint à la mairie d’Agadir.

L’enquête, menée sous la supervision du juge d’instruction, a mis en lumière des éléments compromettants liant l’élu municipal à des faits présumés de falsification de documents et d’abus de confiance dans un projet immobilier. Contrairement à certaines spéculations, cette affaire n’a aucun lien avec la gestion des affaires municipales, mais concerne un différend privé dans lequel Boudraqah est accusé d’avoir utilisé des documents falsifiés pour s’approprier une société appartenant à son associé. Selon les éléments du dossier, il aurait usé de manœuvres frauduleuses pour détourner plusieurs biens immobiliers, qu’il aurait ensuite mis en location à son propre profit, et aurait perçu des avances de la part de clients sans en informer son partenaire.

Alors que l’affaire prend de l’ampleur, une question essentielle se pose : Aziz Akhannouch, maire d’Agadir et chef du gouvernement, était-il informé des agissements de son premier adjoint ? Officiellement, rien ne prouve qu’il ait eu connaissance des faits avant que la justice ne s’en empare. Cependant, le fait que Boudraqah soit une figure clé du conseil communal d’Agadir et un proche collaborateur d’Akhannouch soulève des interrogations sur la capacité du parti à surveiller les agissements de ses élus. Deux hypothèses émergent : soit le chef du gouvernement ignorait complètement les pratiques reprochées à son adjoint, ce qui remettrait en question le contrôle exercé par le RNI sur ses cadres, soit il en avait connaissance mais a choisi de ne pas intervenir, estimant qu’il s’agissait d’un litige privé.

La position du RNI face à cette affaire demeure incertaine. Jusqu’à présent, aucune décision officielle n’a été prise quant au sort de Mustapha Boudraqah au sein du parti. Trois scénarios sont possibles : maintenir son statut en considérant que l’affaire ne concerne que sa vie privée, suspendre temporairement son adhésion en attendant le verdict judiciaire, ou acter son exclusion définitive si la justice confirme les accusations portées contre lui. Certains cadres du parti semblent favorables à une suspension provisoire, estimant que cette affaire nuit à l’image du RNI, déjà sous le feu des critiques en raison des accusations de favoritisme et de mauvaise gouvernance qui pèsent sur certaines de ses figures.

Cette affaire place également Aziz Akhannouch dans une situation délicate. Doit-il continuer à faire confiance à son premier adjoint ou prendre ses distances pour préserver son image ? Politiquement, maintenir Boudraqah dans ses fonctions pourrait être perçu comme un soutien implicite, au risque d’affaiblir la crédibilité du RNI et de son leader. À l’inverse, s’en détacher trop rapidement pourrait être interprété comme un aveu d’embarras, donnant du grain à moudre à l’opposition municipale et aux détracteurs du gouvernement.

Le procès de Mustapha Boudraqah sera suivi de près par l’opinion publique, car au-delà du simple volet judiciaire, il soulève des enjeux politiques majeurs. Si les faits sont confirmés, cela pourrait entacher davantage la réputation du RNI et de ses responsables, notamment à l’approche des prochaines échéances électorales. Si, en revanche, Boudraqah est blanchi, cela conforterait le parti dans sa gestion du dossier. Dans l’attente du verdict, cette affaire rappelle combien les questions d’éthique et de gouvernance sont devenues centrales dans le débat public au Maroc. Pour le RNI et son chef Aziz Akhannouch, l’enjeu dépasse de loin le sort personnel d’un élu local : il s’agit de préserver l’image d’un parti qui s’est présenté comme une alternative crédible et réformatrice sur l’échiquier politique national.

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